Rythmologie

Le cœur bat 60 à 80 fois par minute, soit environ 100 000 fois par jour. À l’effort, il peut atteindre 140 à 200 battements par minute selon l’âge.

Les troubles du rythme cardiaque se manifestent par un pouls trop lent (bradycardie) ou trop rapide (tachycardie). Le diagnostic est réalisé par un électrocardiogramme, ou par le Holter.

Les arythmies provenant des oreillettes (auriculaires) sont généralement bénignes, tandis que celles ventriculaires (tachycardies ou fibrillation) peuvent entrainer une syncope, et sans traitement être fatales.

Une bradycardie peut se traiter par un stimulateur cardiaque. Une tachycardie peut être contrôlée par médicaments (bêtabloquants, antagonistes calciques, amiodarone), ablation par cathéter ou défibrillateur implantable (ICD).

La fibrillation auriculaire les l’arythmie la plus fréquente dans la population. Elle est due à des circuits électriques chaotiques dans l’oreillette.  Elle peut être symptomatique (par exemple : palpitations, fatigue, dyspnée) ou asymptomatique. Elle peut être stoppée par choc électrique ou médicaments et, si nécessaire, traitée par ablation.

Au-delà du diagnostic, le rôle du cardiologue est d’accompagner chaque patient dans la compréhension de son rythme cardiaque et de proposer une prise en charge adaptée, pour retrouver un équilibre durable et une meilleure qualité de vie.

Maladie valvulaires

Le cœur humain possède quatre valves cardiaques : la valve aortique, la valve pulmonaire, la valve mitrale et la valve tricuspide. Elles fonctionnent comme des clapets dans une pompe, dirigeant le flux sanguin dans une seule direction.

Lorsque la valve est défectueuse, à cause d’une anomalie congénitale, une maladie ou en raison d’une usure importante, cela l’empêche de s’ouvrir correctement (sténose) ou de bien se fermer (insuffisance). Ces anomalies peuvent entraîner un souffle au cœur, un bruit qu’on reconnaît lors de l’examen clinique à l’auscultation. L’échocardiographie permet ensuite de confirmer le diagnostic.

La sténose aortique est la maladie valvulaire la plus fréquente. Elle réduit les capacités physiques et peut provoquer essoufflement, douleurs thoraciques et syncope. Une forme sévère nécessite un remplacement valvulaire par cathétérisme (TAVI) ou par chirurgie.

L’insuffisance mitrale, deuxième atteinte la plus courante, entraîne un essoufflement, une accumulation de liquide dans les poumons et une dilatation cardiaque. Diagnostiquée tôt, elle peut être réparée chirurgicalement. Chez les patients dont le cœur est déjà dilaté, et affaibli, la valve peut être reconstruite par cathétérisme à l’aide d’un dispositif MitraClip.

Ces maladies valvulaires doivent être détectées et traitées précocement pour éviter l’aggravation des symptômes et préserver la fonction cardiaque.

Prévention

Le surpoids et l’obésité concerne plus de 30% des personnes dans les pays industrialisés. On utilise le terme d’indice de masse corporelle (IMC) pour situer le degré d’obésité. L’obésité pathologique peut entrainer d’autres maladies telles que le diabète, l’hypertension et des maladies cardiovasculaires. Beaucoup de gens, y compris certains médecins, pensent encore que les patients obèses devraient simplement manger moins. Pourtant, les recherches montrent que l’obésité pathologique est souvent liée à une forte prédisposition génétique. Dans un environnement où la nourriture est abondante et l’activité physique limitée, le surpoids peut apparaître. Adopter une alimentation équilibrée et faire de l’exercice régulièrement sont essentiels pour limiter ces risques.

Les lipides sanguins, comme le cholestérol LDL, sont vitaux, mais leur excès favorise les maladies cardiovasculaires, notamment l’infarctus et l’AVC. Le diagnostic des troubles des lipides repose non seulement sur des signes cliniques observés lors de l’examen, mais aussi et surtout sur les résultats d’une prise de sang. Contrairement aux triglycérides, un régime pauvre en graisses ne suffit pas toujours à réduire le cholestérol élevé. Dans ces cas, des médicaments sont nécessaires.

Le diabète, qu’il soit de type 1 ou 2, entraîne une glycémie élevée qui endommage les vaisseaux de nombreux organes. Une perte de poids peut améliorer le diabète de type 2, mais des médicaments, voire de l’insuline, sont parfois indispensables. Contrôler la glycémie diminue le risque d’insuffisance rénale, d’AVC et d’infarctus.

Le tabagisme est un facteur majeur d’infarctus, d’AVC et de cancers, notamment pulmonaires. Les patients souffrant de maladies cardiaques doivent absolument l’éviter. Des substituts nicotiniques et des médicaments peuvent aider à arrêter.

Hypertension artérielle

Une pression artérielle de 100/70 mmHg est en général suffisante dans des conditions normales pour alimenter normalement les organes du cours, mais il n’est pas rare que des valeurs plus élevées soient nécessaires, en particulier chez les personnes âgées. Si la pression artérielle devient trop grande et s’élève au-delà de 140/90 mmHg, cela abîme les organes comme le cœur, les artères, le rein, les yeux, le cerveau et peut même dans certains cas entraîner des complications.

Il est donc important de consulter un cardiologue si vous êtes hypertendus. Pendant la consultation, vous bénéficierez d’une évaluation pour identifier les causes possibles, d’une adaptation personnalisée de votre traitement et de conseils précis sur les modifications du mode de vie nécessaires pour réduire votre tension artérielle. Toutes ces mesures visent à contrôler la tension artérielle de manière efficace et prévenir les complications et de protéger votre santé à long terme, et offrir à votre cœur la paix qu’il mérite.

Maladie coronarienne

La maladie coronarienne se manifeste par une angine de poitrine (oppression thoracique à l’effort) ou un infarctus, résultant du rétrécissement des artères coronaires par des plaques de cholestérol, ce qui perturbe la circulation sanguine du cœur. Cela peut provoquer des douleurs thoraciques, des troubles du rythme, ou dans les cas graves, un infarctus. Un tel enchaînement peut être ralenti voire évité grâce à une approche préventive. L’identification des facteurs de risque avec votre médecin permet d’adopter des mesures adaptées pour protéger votre santé.

Lorsqu’un patient présente des symptômes angineux persistants et que l’ECG n’est pas conclusif, une coronarographie doit être réalisée rapidement. L’angor, souvent signe d’ischémie myocardique, survient lorsque les besoins en oxygène du cœur dépassent l’apport sanguin dû à un rétrécissement (athérosclérose) ou un spasme artériel, généralement à l’effort et lors du même type d’activité. Ce symptôme peut apparaître lors d’une première manifestation de la maladie coronarienne ou après un événement cardiaque aigu.

Il est important de vivre avec ces symptômes tout en prenant des médicaments anti angineux prescrits. Le cardiologue vérifiera également l’absence d’autres complications vasculaires à travers un bilan vasculaire complet pour garantir une prise en charge optimale.

Suivi après infarctus

Après un infarctus, la récupération dépend de l’étendue des lésions au cœur, notamment de la capacité du ventricule gauche à pomper efficacement le sang. Bien que la coronarographie, pratiquée en urgence, améliore la survie immédiate, elle ne traite pas la maladie sous-jacente. Pour cette raison, un traitement à long terme est indispensable. Il comprend des médicaments comme l’aspirine pour fluidifier le sang, des antihypertenseurs et, si nécessaire, des traitements pour la glycémie.

Toutefois, adopter un mode de vie sain peut grandement améliorer votre santé. Cela inclut une alimentation adaptée, une activité physique régulière, l’arrêt du tabac et une gestion optimale de l’hypertension, du diabète et du cholestérol.

Les consultations régulières chez le cardiologue permettent de surveiller votre état et d’ajuster votre prise en charge. Ce suivi, associé à des changements durables dans vos habitudes, réduit le risque de complications et améliore votre qualité de vie. Votre médecin est là pour vous accompagner et vous encourager dans cette démarche essentielle pour votre santé future.

Insuffisance cardiaque

L’insuffisance cardiaque est l’incapacité du cœur à pomper suffisamment de sang vers les organes, se manifestant à l’effort ou au repos. Elle provoque des difficultés respiratoires, un œdème pulmonaire et peut évoluer vers une défaillance cardiaque terminale.

On distingue deux types d’insuffisance, l’une étant l’incapacité à éjecter le sang (insuffisance systolique) et l’autre étant l’incapacité du muscle cardiaque à se relâcher après une contraction (insuffisance diastolique) qui se caractérise par une rigidité du cœur empêchant son bon remplissage. Les deux types peuvent être aussi combinées, et les causes peuvent être nombreuses. Toutes deux entraînent des symptômes similaires et sont traitées par des médicaments pour améliorer la qualité de vie et l’espérance de vie des patients. Le rôle du cardiologue est aussi d’aider le patient à mieux comprendre la prise de ses médicaments, et à être attentif aux éventuels effets secondaires.

La prise en charge chronique repose sur une approche multidisciplinaire. Le rôle du cardiologue est de surveiller les signes d’aggravation (exemple, en consultation avec l’échocardiographie), d’adapter le traitement, ou proposer des alternatives si nécessaire (exemple stimulateur cardiaque spécial (DAI/CRT). Ces mesures ont pour but d’améliorer la qualité de vie et éviter les hospitalisations. Les situations plus complexes sont suivies avec les Hôpitaux Universitaires (HUG, CHUV et Inselspital) avec lesquels nous collaborons.

Bilan préopératoire

L’implication du cardiologue dans un bilan préopératoire est différente selon le contexte envisagé :

Pour les opérations non cardiaques :

Le rôle du cardiologue dans le cadre d’une intervention chirurgicale est de compléter l’évaluation globale de votre santé en concertation avec les autres spécialistes. Un bilan cardiaque n’est pas systématiquement nécessaire avant chaque intervention mais si le cœur présente une fragilité, le cardiologue peut faire une évaluation. Cette étape peut fournir des informations essentielles aux chirurgiens et aux anesthésistes pour adapter leur prise en charge et garantir la sécurité du patient. Il ne s’agit pas d’un diagnostic d’un problème suspecté, mais d’une précaution.  Le choix des examens cardiologiques se fait au cas par cas selon l’état de santé du patient, de son historique médical et des risques spécifiques de l’intervention. Cette évaluation contribue également à réduire les risques de complications post-opératoires, en s’assurant que le cœur est prêt à gérer l’opération et sa récupération.

Pour les opérations cardiaques,

Lorsqu’une pathologie cardiaque est particulièrement grave ou qu’elle ne répond pas aux traitements médicaux, la chirurgie cardiaque peut devenir la seule alternative pour améliorer la fonction cardiaque ou sauver la vie du patient. En concertation avec l’équipe multidisciplinaire (Heart Team), le cardiologue évalue minutieusement la gravité de la pathologie, les risques et les bénéfices d’une intervention chirurgicale.

Le cardiologue discute avec le patient pour expliquer la procédure envisagée, évaluer les alternatives possibles et s’assurer que le patient comprend. Le consentement éclairé est une étape fondamentale pour que le patient prenne une décision en toute connaissance de cause.

Lors de la consultation préopératoire, nous abordons également les risques liés à l’intervention. L’EUROSCORE  est un outil utilisé pour estimer le risque opératoire en chirurgie cardiaque, permettant d’évaluer la balance entre les risques et les bénéfices d’une intervention.

Cardiomyopathies

La cardiomyopathie est une maladie du muscle cardiaque qui altère sa capacité à pomper le sang efficacement, pouvant entraîner une insuffisance cardiaque. Il existe plusieurs présentations, un cœur trop élargi, un cœur trop rigide, un cœur trop épais ou bien le remplacement du muscle cardiaque par de la graisse. Ces pathologies apparaissent à des âges variables, aussi chez les personnes jeunes. Les symptômes sont souvent le résultat direct de complications telles que des troubles du rythme cardiaque ou une insuffisance cardiaque. Leurs causes sont multiples mais souvent attribuées à des facteurs génétiques. Un dépistage familial est recommandé en cas d’antécédents. Il existe aussi des formes que l’on dit acquises, qu’on peut développer au cours de la vie. Le cardiologue a souvent recours à des examens diagnostics plus poussés comme par exemple l’imagerie par résonance magnétique.

Évaluation à la pratique sportive.

Le bilan sportif chez un cardiologue est important pour pratiquer une activité physique en sécurité. Selon certaines caractéristiques individuelles, et l’intensité de l’activité physique, un test d’effort est réalisé. Il existe certaines situations ou le bilan sportif est particulièrement recommandé. Par exemple,

  • lors de la reprise du sport après un arrêt prolongé,
  • pour les compétiteurs ou les pratiquants de disciplines intenses comme le marathon ou la plongée,
  • en cas d’antécédents familiaux cardiovasculaires
  • symptômes (douleurs thoraciques, palpitations,
  • pathologies cardiaques comme l’hypertension ou après un infarctus.
  • après un événement cardiaque (chirurgie, stent)
  • pour les seniors et personnes à risque (diabète, obésité) souhaitant rester actifs.

Il permet de prévenir les complications et de maximiser les bienfaits du sport sur le cœur, dans une région comme le Valais, ou le sport fait partie intégrante du mode de vie.